Y a-t-il une pensée animale?

© Dr. Joël Dehasse, vétérinaire comportementaliste, Bruxelles.
Article chargé le 8 juin 1998 - http://www.geocities.com/joeldehasse/a-francais/pensee.html

Conférence donnée dans le cadre du GECAF à Morzine, le 9 janvier 1998

 


Introduction

A la question "y a-t-il une pensée animale?", la réponse est "oui".

L'article pourrait se terminer ici. Mais le lecteur serait insatisfait et désirerait une argumentation. Il en a le droit.

Je vais dès lors définir ce qu'est, pour moi, la "pensée  animale" et proposer quelques méthodes et exemples qui la mettent en évidence. Mais avant tout, il me faudra me situer par rapport aux courants religieux, politiques et philosophiques qui parasitent ou enrichissent la science, à savoir le christianisme, le cartésianisme, le béhaviorisme, le darwinisme, l'éthologie et le cognitivisme. Quel sera aujourd'hui le paradigme épistémologiquement correct? A chacun de se définir dans son modèle de pensée sur la pensée animale.

Définition

Je préfère éviter une définition précise de la "pensée" de peur de réduire ou d'élargir par trop le sujet. Je m'éloignerai de la définition religieuse chrétienne puisque celle-ci définit la pensée comme le divin dans l'homme, par opposition à l'animalité dans son ensemble qui en est dépourvue. La définition des cartésiens ne peut convenir puisqu'ils excluent la sensibilité de ce qu'ils nomment l' "animal machine". Le béhaviorisme ne nous avance guère, caché derrière le principe de Morgan et le rasoir d'Ocam, qui affirment qu'il n'est pas nécessaire de faire appel à des structures psychologiques d'ordre supérieur (de type volonté ou pensée) quand des systèmes explicatifs plus simples (réflexes par exemple) peuvent rendre compte de façon adéquate d'un comportement donné. De plus, le béhaviorisme et l'éthologie classique se refusent d'étudier la boite noire située entre le stimulus et la réponse. Les darwiniens affirment l'analogie de la pensée animale et humaine, ce qui est une profession de foi, mais n'est pas un critère scientifique. Pour les cognitivistes contemporains, penser c'est calculer, c'est à dire manipuler des symboles. Et le mot pensée perd sa signification populaire au profit du mot cognition . C'est une belle façon de tourner la définition. Le cognitivisme, l'éthologie cognitive et la psychobiologie sont les plus prolifiques en hypothèses et modèles.

Je prendrai comme première définition large et vague de la pensée qu'elle est un ensemble de processus cognitifs ; ceux ci sont des dispositifs de traitement de l'information. J'exclus de cette définition le mot "conscience" qui pourrait lui-même être l'objet d'un autre article.

Cette définition reprend une stratégie "par en bas", qui tente de définir quantitativement les différents niveaux de traitement de l'information, et s'oppose à la stratégie "par en haut" qui part du concept applicable à l'être humain et tente de déterminer qualitativement si ce concept est applicable à l'animal (ou plutôt si on peut en exclure l'animal).

La stratégie "par en bas" va proposer des concepts quantitatifs. La stratégie "par en haut" propose des notions qualitatives, de type "tout ou rien". Il me semble plus fonctionnel d'envisager des hypothèses quantitatives. Mais c'est bien entendu un modèle basé sur une analogie des anatomies et processus neuronaux entre l'homme et les animaux supérieurs. Dans ce sens, je me place dans l'hypothèse de continuité quantitative des processus cognitifs tels que l'apprentissage, la perception, la mémoire, la formation de concepts, la résolution de problèmes. Cela ne m'empêche pas d'être discontinuiste dans la notion de langage symbolique.

Comme seconde définition je dirai que la pensée est une manipulation de concepts (par exemple une comparaison).

Et de ces deux définitions, j'exclus le mot conscience.

Deux modèles vont nous aider: les modèles de la notion de représentation et les dispositions intentionnelles de Dennett.

La notion de représentation

La perception sensorielle, chose banale, est extrêmement complexe à modéliser. Pendant le développement cérébral, elle induit la maturation des synapses et construit les structures cérébrales de décodage. Dès lors, les structures neurales et mentales varient d'un individu à l'autre. Ce premier niveau de représentation interne (appelé aussi "percept") du milieu extérieur physique (par voie sensorielle) au niveau des zones corticales est déjà une catégorisation individuelle de la réalité.

L'existence de la période de socialisation permet d'envisager un modèle de mémorisation de représentations classées sous forme de "concepts". La généralisation de la connaissance d'un semblable (de l'espèce) en reconnaissance du Semblable (de l'espèce), même lorsque ce semblable est très différent (par exemple un Saint Bernard pour un Chihuahua) permet d'envisager la notion de concept "espèce".

D'autres reconnaissances sociales et affectives sont admises sans nécessité pour moi d'élaborer davantage: celles de la mère et de la fratrie, par exemple.

Que les mécanismes d'apprentissage de la période d'imprégnation soient comparables, mais aussi différents (au niveau de la généralisation et de la mémorisation), pour l'intégration des représentations d'autres espèces animales et du biotope, indique peut-être une prédisposition génétique à l'intégration de certains concepts (sans doute par une activation électrique spontanée dans certaines zones cérébrales associatives).

Ces percepts sensoriels sont aussi accompagnées de représentations primaires émotionnelles dans le système limbique (hippocampe). C'est par la comparaison de ces différentes représentations primaires qu'est évoquée ou inhibée l'action.

Ce couplage de représentations peut se faire à différents niveaux (Vauclair, p. 132):

Niveau 1: couplage temporel et spatial, de type conditionnement pavlovien ou instrumental.

Niveau 2: comparaison entre objets ou situations, conduisant à des rapports de similitude ou de différence. Ce niveau est impliqué dans la reconnaissance des sujets connus et inconnus, par exemple dans la défense du groupe.

Niveau 3: relations d'appartenance et d'ordre, par exemple la classe ou le concept du semblable, d'arbre (chez le pigeon), d'espèce amie, etc. A ce niveau, "l'animal se représente un objet abstrait représentatif de quelques propriétés invariantes d'une collection d'objets concrets" (Zayan, p. 145)

Niveau 4: équivalents d'opérateurs logiques (règles, lois), appliqués à des objets, des espaces, des relations entre sujets (relations sociales entre congénères), etc.

La représentation sociale est un exemple du niveau 4.

On peut envisager aux niveaux plus élevés le remplacement d'un concept par un autre plus arbitraire et la manipulation et coordination de ces concepts arbitraires. C'est le niveau du langage symbolique humain

La représentation sociale

L'organisation sociale hiérarchisée du chien résulte de plusieurs facteurs:

    • une tentative de résolution ritualisée de conflits interpersonnels
    • la reconnaissance de privilèges attribués à certains membres
    • de processus d'alliances et de coalitions
    • de coopération dans diverses activités (chasse)
    • d'attachement
    • etc.

L'observation met en évidence que les conflits interpersonnels ne sont pas toujours obligatoires quand d'autres mécanismes fonctionnent correctement. Le chien semble posséder une "inférence perceptive", c'est à dire une déduction à partir de l'observation des relations dyadiques et triadiques, etc. des congénères. C'est la base de l'apprentissage social (appelé aussi vicariant).

Le chien sembla avoir recours à un système hypothético-déductif de la relation transitive : si A > B et B > C, alors A > C. Cette inférence transitive ne porte peut-être pas sur des symboles, mais sur des événements comportementaux; elle possède néanmoins un certain niveau d'abstraction. La ritualisation (au niveau ontogénétique et non au niveau phylogénétique) est elle aussi une symbolisation d'un échange relationnel et témoigne d'un certain niveau d'abstraction.

C'est en raison de ces niveaux d'abstraction que nous pouvons proposer des thérapies cognitives à l'usage de l'animal. C'est le cas de certains éléments de la régression hiérarchique qui mettent le chien en scène, en témoin de situations dont il n'est pas l'acteur (alliance et distances propriétaire-propriétaire et propriétaire-chien, "exhibitionnisme" alimentaire social et sexuel du dominant, par exemple).

Au raisonnement transitif (si alors) s'associe le raisonnement disjonctif (soit soit, ou ou, ni ni). C'est évidemment nécessaire dans les hiérarchies de plus de 3 individus. C'est aussi le cas dans la notion piagétienne de permanence de l'objet . Si une proie court, est cachée derrière un arbre, réapparaît, est ensuite cachée derrière un second arbre, un chat doit pouvoir aller la chercher soit derrière le premier écran, soit derrière le second écran. Au stade piagétien 4, le chaton va rechercher l'objet derrière le premier écran, au stade 5, il va directement derrière le second écran et non derrière le premier. Le stade 5 implique une carte cognitive rudimentaire de l'espace. Il est plausible que le chat, vivant dans la tridimensionnalité de l'espace plus que le chien, dispose de cartes cognitives spatiales plus élaborées.

La représentation de soi

La représentation sociale nécessite un certain degré de représentation de soi. Depuis les expériences de Gallup en 1970, le test de la reconnaissance de soi d'un primate en face d'un miroir est devenu un classique de la représentation de son apparence. Mais ce test n'est pas applicable aux animaux dépourvus de mains. L'observation anecdotique des animaux qui se cachent (camouflage) tout en épiant leur prédateur éventuel pourrait être à la base d'un autre test de représentation de son propre corps. Les comportements d'agression de certains chiens ou chats envers leur extrémité caudale me font penser qu'il pourrait y avoir là un défaut dans la représentation de leur propre corps.

D'autre part, l'application de la transitivité hiérarchique nécessite une représentation de son propre statut social.

La communication sociale et l'attachement à une autre espèce, avec les imprégnations multiples mais tout en gardant une différentiation des échanges sociaux particuliers (sexuels, par exemple) révèle une représentation de soi comme semblable au Semblable (même espèce, homologue) et comme différente du dissemblable (autre espèce, hétérologue). Les troubles de l'imprégnation démontrent que l'animal peut souffrir d'un défaut dans la représentation de soi.

Pour conclure ce point, il est bon de rappeler qu'il n'y a pas synonymie entre représentation de soi et conscience de soi.

Les croyances animales

Comme la croyance est au cur de la définition de la pensée, il est utile de la définir.

La croyance (p. 59 sq.) est un état de représentation distinct du désir (ce qui n'exclut nullement une participation émotionnelle) qui déclenche ou inhibe l'action; c'est une carte cognitive. Si on exclut l'obligation émise par le philosophe sceptique (et discontinuiste) d'avoir le concept de croyance pour avoir des croyances, on peut obtenir un modèle fonctionnel de la croyance animale. Mais ce modèle emprunte au vocabulaire intentionnel (X a l'intention de Q) toute sa problématique, et notamment son aspect tautologique. Ça marche tout le temps. Ne pouvant être confirmée ou infirmée, la tautologie n'est pas scientifique.

Ceci étant dit, le concept de croyance animale est plus qu'un sujet de réflexion philosophique, c'est un concept fonctionnel.

Dans la phobie sociale, si un chien a déjà attaqué une personne qui le touchait et qu'il se met à menacer une personne qui se rapproche de lui, on pourrait dire: "c'est comme si le chien anticipe un contact", "c'est comme si le chien croit que la personne va le toucher ou l'agresser". Si la personne ne fait que croiser le chien sans le toucher ou le regarder, ni le menacer d'aucune façon, la croyance du chien s'avère fausse; elle n'en est pas moins pseudo-fonctionnelle pour le chien qui évite un contact et dysfonctionnelle au niveau de son adaptation sociale. C'est à ce moment que la croyance, si elle existe, se rapproche du délire (raisonnement logique sur base d'une croyance fausse). La grande difficulté est l'absence d'élément d'identification d'une conscience dans la croyance animale.

Dans la continuité de cette réflexion, on peut passer de la croyance à la superstition (superstitio = croyance). L'animal est dit superstitieux (Gallo, p. 123) dans le sens où il "se croit" acteur des événements qui se produisent et non spectateur du monde: ce qu'il accomplit est la cause des événements suivants (conséquents). Il pourrait aussi être animiste dans l'attribution aux objets d'une intentionnalité: c'est le cas du chat qui donne un coup de patte à une porte qui se referme sur lui par un courant d'air.

La fonctionnalité du concept de croyance animale est aussi révélée dans la communication entre intervenant et propriétaire; c'est par l'utilisation de la terminologie propre à la psychologie populaire que l'intervenant peut activer certaines ressources du système. L'inférence intentionnelle est un modèle de travail fructueux.

Je fais appel aux capacités cognitives du lecteur pour traduire "X pense que Q" par "c'est comme si X pensait que Q". Essayons de ne pas confondre modèle et réalité!

Les dispositions intentionnelles de Dennett

Dennett (p. 135) a proposé un modèle hiérarchisé d'organisation des données dans les relations sociales. Il se base sur deux hypothèses:

    1. la continuité des états mentaux depuis le système autorégulateur jusqu'à la pensée consciente
    2. l'intentionnalité dans les échanges sociaux

Ces hypothèses reconnaissent une légitimité aux représentations et aux croyances animales.

L'organisation est la suivante:

Ordre 0: réactions automatiques, liées à un état d'excitation. C'est en quelque sorte le niveau comportemental activé par l'émotion (e-motere: mettre en mouvement). C'est aussi le niveau de l'instrumentalisation, qui peut être considérée comme une réduction du niveau cognitif. C'est le niveau de l'impulsivité, liée au manque de contrôle de soi.

Ordre 1: c'est le niveau de la croyance élémentaire; la formulation est: X croit/veut que Q. L'agression territoriale est de ce niveau: un chien "désire" qu'un autre individu quitte les lieux.

Ordre 2: c'est la croyance que l'autre a une croyance; la formulation est: X croit que Y croit que Q; ou X veut que Y croie que Q. C'est le niveau même de la communication posturale et vocale que l'on dira volontaire (sans confondre volontaire et consciente), contrairement à la communication involontaire liée à l'état affectif et hormonal (hérissement du poil et émission phéromonale). C'est par exemple, la menace du chien X envers Y lors de compétition pour un os proche de Y (ce type de communication peut aboutir à une hiérarchisation par compétition interindividuelle).

Ordre 3: la formulation est: X veut/souhaite que Y croie/reconnaisse que X croit que Q. Cet ordre 3 nécessite que X reconnaisse qu'il a une connaissance et qu'il désire transmettre à Y, non pas cette connaissance, mais la croyance que X a cette connaissance. Ceci ne pourrait être démontré que si X pouvait aussi faire croire en une connaissance contraire, éventuellement. Nous en sommes au niveau de la transmission et de la falsification active d'information (non seulement une dissimulation passive, comme un accouplement en cachette par un subdominant), au niveau de la manipulation. Si un chien aboyait envers un intrus inexistant afin de s'emparer d'un os convoité par un congénère, on serait au niveau d'ordre 3. Il y a quelques exemples anecdotiques de niveau d'ordre 3 chez le chien, par exemple le chien qui avance en aboyant sur son maître qu'il n'a, semble-t-il pas reconnu, et continue ensuite à aboyer sur un oiseau, une feuille volante ou un stimulus non perceptible.

Le langage suppose une intentionnalité de niveau 3. C'est aussi à ce niveau que les philosophes envisagent la nécessité ou la légitimité de la conscience .

Des travaux complémentaires sur la communication vocale des chiens et des chats devraient nous donner plus d'information sur une éventuelle sémantique des vocalises.

A ce jour, chiens et chats se situent entre les niveaux 2 et 3.

Y a-t-il finalement une pensée animale?

J'en reviens à la question de départ. Des auteurs comme D. Griffin (1946) ont commis quelques sophismes, par l'emploi synonymique des mots conscience, états mentaux, esprit et pensée, représentation et conscience de soi, anticipation et intention. Je ne suis pas, moi aussi, à l'abri de telles confusions. Cependant, dans le modèle continuiste quantitatif, dit "par en bas", et avec la disposition intentionnelle comme modèle fonctionnel, je crois pouvoir confirmer mes définitions de la pensée animale. Encore faut-il accéder pour cela à mes paradigmes comme modèles de travail.

Conclusions

J'aimerais reprendre à Dennett (1978, cité par P. Engel) cette jolie métaphore en faveur de sa stratégie intentionnelle: "l'adopter est faire un prêt gagé sur l'intelligence du système. Dans certains cas, le prêt sera remboursé. Dans d'autres il ne le sera pas. Cela n'implique pas que vous pouvez acheter n'importer quel trésor mental avec la monnaie intentionnelle" (p. 71).

Je n'ai pas touché à tous les états de pensée animale, ni bien évidemment à tous les états de conscience.

Annexe: expérience de calcul (soustraction)

Au niveau 4 de représentation se retrouvent les opérateurs logiques, par exemple le calcul. L'animal est-il capable de calculer? Si la chose a été mise en évidence chez certains psittacidés, la démonstration reste encore à faire chez le chien et le chat, même si l'observation anecdotique nous fait penser à sa réalité. L'expérience suivante pourrait donner un éclairage sur cette hypothèse.

Admettons une chienne allaitante. Si on prélève Y chiot dans la portée, en son absence, et en prenant toutes les garanties qu'elle perçoive le moins possible l'intrusion ou la manipulation, quels comportements mettra-t-elle en action à son retour au nid? On peut émettre l'hypothèse qu'un comportement de recherche du (des) chiot(s) absent puisse témoigner d'une capacité de soustraction X-Y=Z.

A la suite de chaque tests, la chienne récupère l'intégralité X de sa portée.

L'expérience devrait se répéter sur plusieurs chiennes, sur des portées de taille différentes et peut-être envisager une évaluation en pour-cent du type 100-Y%=Z. En effet, il est sans doute plus activateur de comportement de recherche d'enlever un chiot dans une portée de trois que dans une portée de huit. Un nombre Y de chiots devrait être prélevé suivant des tables aléatoires; rien n'exclut que la chienne ne puisse prédire un opérateur logique à partir d'une série progressive X-1, X-2, X-3 etc. et ne pas émettre de comportement de recherche du ou des chiots absents.

D'autre part, l'attachement mère-chiot pouvant varier avec chaque chiot, il n'est probablement pas innocent de répéter l'expérience X-1, X-2, X-Y avec des chiots différents.

Bibliographie

Engel P. Les croyances des animaux, in Gervet et alii, 59-75.

Gallo A., Cuq C. Une approche psycho-éthologique de la cognition animale, in Gervet et alii, 117-126.

Gervet J., Livet P., Tête A. La représentation animale, Presses Universitaires de Nancy, 1992.

Griffin D. Animal thinking, Harvard University Press, 1984

Proust Joëlle. Comment l'esprit vient aux bêtes, Gallimard, 1997.

Vauclair J. L'intelligence de l'animal, Points nS109, Seuil 1992.

Vauclair J. Psychologie cognitive et représentations animales, in Gervet et alii, 127-142.

Zayan R. Représentation de la reconnaissance sociale chez l'animal, in Gervet et alii, 143-164.


Dr Joël Dehasse - Médecin vétérinaire comportementaliste
www.joeldehasse.com - 09 dc. 2008